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Petite histoire de la soie en Asie La soie naturelle est une fibre textile d'origine animale,elle est produite par la chenille du bombyx du mûrier (ver à soie). L'élevage des vers à soie est appelé sériciculture.
La technique permettant de produire la soie date de 2500 av. J.-C. et vient de Chine par la Route de la soie. L'histoire de la soie débute selon la tradition chinoise au XVIIe siècle av. J.-C. et se poursuit avec trois millénaires d’exclusivité durant lesquels la Chine commerce ce tissu naturel et précieux sans jamais en transmettre le secret. L’art de fabriquer la soie s’est ensuite transmis aux autres civilisations grâce à des espions de tous genres (moines,pillards, aux marchands...)
En Europe, la soie fut longtemps un monopole de l'Empire romain d'orient. Arrivée en Europe occidentale à la fin du Moyen Âge, la production de soie parvient au stade de l'industrialisation à partir du XIXe siècle mais connaît un grave déclin lié à la concurrence de fibres modernes (dont le nylon), à l'évolution des coutumes vestimentaires en Europe, à l’essor de certains pays d’Asie et aux épidémies qui la touchent en France à cette époque. La soie naturelle est donc finalement redevenue une production essentiellement asiatique. Cet art séculaire asiatique, qui concilie aujourd’hui artisanat, écologie et industrialisation, se perpétue de génération en génération contribuant au développement de la Thaïlande.
La soie Thaïlandaise et la vie de Jim Thompson À bout de souffle dans la première moitié du 20e siècle, la tradition de la soie en Thaïlande reprendra son essor dans les années 1950, grâce à un Américain, Jim Thomson.
Mais qui est Jim Thompson ? Jim Thompson, architecte de formation, découvre la culture asiatique et la Thaïlande en 1945. Il y est affecté comme officier de l’armée américaine. Depuis son arrivée dans le pays, Thompson collectionne des morceaux de soie thaïlandaise. Elle le séduit par ses combinaisons de couleurs surprenantes et par sa texture irrégulière qui la distingue des soies japonaise ou chinoise, plus souples. La différence vient de la qualité des vers à soie.
Bien que la tradition siamoise de la culture du mûrier et de l’élevage du ver à soie soit attestée dès le 13e siècle par un diplomate chinois, c’est l’architecte américain qui donnera à la soie thaïlandaise ses lettres de noblesse. Car à l’époque où il s’installe à Bangkok, les tisserands se font rares : la tradition n’est perpétuée que par quelques musulmans du quartier de Benkrua. Décidé de commercialiser la soie thaïlandaise, il se met en contact avec eux. La plupart sont méfiants, mais l’un des chefs de famille, intrigué, décide de se lancer dans l’entreprise. C’est le début d’une grande aventure. 
La soie Thaïlandaise de Bangkok En 1947, une valise pleine d’échantillons de soie, Thompson s’envole pour New York. Une éditrice de mode se passionne pour les tissus et lui offre aussitôt son soutien. De retour en Thaïlande, il crée une société dont il est actionnaire majoritaire et directeur. Il gère d’une façon nouvelle l’entreprise qui emploie en priorité des femmes, autorisées à travailler chez elles pour ne pas perturber leur vie familiale. Il introduit des changements importants dans les modes de fabrication et remplace les teintures végétales par des peintures chimiques, tout en respectant les couleurs traditionnelles de la soie.
Au début des années 1950, Thompson ouvre un magasin à Bangkok qui connaît un succès fulgurant. Bientôt il reçoit la visite de la reine Sirikit, qui n’a jamais ménagé ses efforts pour promouvoir l’artisanat et le patrimoine culturel thaïs. Elle devient sa cliente la plus célèbre et la plus influente. Lors de ses visites officielles à l’étranger, elle porte des tenues confectionnées en soies traditionnelles qui ne manquent pas d’attirer l’attention du grand couturier français Pierre Balmain. Les commandes affluent de toutes parts.
La mystérieuse disparition de Jim Thompson
Le dimanche de Pâques 1967, cet homme d’affaires américain Jim Thompson, établi en Thaïlande disparaît dans la jungle malaisienne dans des circonstances qui ne seront jamais élucidées. Le mystère captive l’attention des médias et du public en Asie, mais aussi en Amérique et ailleurs. Car l’homme est loin d’être un inconnu : il suffit d’adresser une lettre à « Jim Thomson, Bangkok », pour qu’elle trouve son destinataire parmi les trois millions habitants de la capitale thaïlandaise.
L'influence de Jim Thompson sur la soie Thaïlandaise
Durant les vingt années précédant son séjour fatal en Malaisie, Jim Thomson réalise ce que d’autres ne réussissent pas en une vie entière. Se spécialisant dans un art dont il ignorait tout, il crée une vaste industrie de la soie en Thaïlande. Sa maison à Bangkok, qui abrite des trésors artistiques de la région, est un chef d’œuvre architectural.
La Thaïlande,renommée pour ses soies artisanales et naturelles
De nos jours, le tissage, qui constitue l’étape centrale dans le processus de la fabrication de la soie, est entre les mains de 600 tisserands, hommes et femmes, qui transmettent leur savoir-faire de génération en génération.
Concilient tradition et modernité, l’impression des tissus se fait aussi bien à l’aide de pochoirs en bois que d’imprimantes numériques. Le contrôle de la qualité et la finition à la main sont de rigueur, assurant un bon compromis entre artisanat, tradition, écologie et industrialisation.
L’homme d’affaires américain l’avait prédit : cette grande aventure de la soie thaïlandaise devait servir à la prospérité du pays. Aujourd’hui, 90% des actionnaires de la société Jim Thompson sont Thaïlandais, dont un tiers des enfants et petits-enfants des premiers tisserands musulmans de Benkrua.

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